Mannequin avec un soutien-gorge noir à dentelle d'Empreinte

L’origine du soutien-gorge remonte dès l’Antiquité

Chez les Grecs anciens déjà, les femmes utilisaient des dispositifs pour non pas soutenir leur poitrine, mais pour comprimer les seins. Une bande de tissu appelée apodesme ou mastodeton venait camoufler les formes féminines dès l'adolescence. À Athènes, la silhouette féminine se voulait androgyne. Chez les Romaines, les hanches étaient effacées par un zona, et la poitrine bandée à l'aide d'un taenia, strophium ou fascia. En Sicile, dans la villa romaine du Casale à Piazza Armerina, on voit encore une mosaïque représentant une femme portant un strophium. Certaines femmes avaient même recours au mamillare de cuir pour réduire une poitrine jugée trop prononcée pour le goût de l'époque.

L’histoire du soutien-gorge du Moyen Âge à l’époque contemporaine

Soutien-gorge : son histoire au Moyen Âge

L'époque médiévale tardive marque le début des vêtements qui mettent en valeur la silhouette. Les robes rehaussent le buste, tandis que les jeux de laçage au milieu de la poitrine attirent le regard. 

Plus étonnant, des archéologues de l'université d'Innsbruck en Autriche ont retrouvé en 2008 quatre soutiens-gorge datant du Moyen Âge. Jusque-là, les historiens de la mode affirmaient que l'apparition du soutien-gorge remontait à l'abandon du corset, il y a plus de cent ans. Or ces pièces de lingerie en lin avec des bonnets séparés et de larges bretelles très ressemblantes à nos dessous actuels habillaient déjà les femmes il y a 600 ans.

Mais en parallèle, une idéologie puritaine continue de contrôler le corps des femmes. C'est la naissance de l’ère du corset, qui, s’il est considéré comme symbole de sensualité, emprisonnera le corps des femmes pendant plus de cinq siècles. Les corsets censés sculpter le buste et faire ressortir les hanches viennent en réalité serrer la taille et comprimer l'abdomen. À la Renaissance, les courbes féminines voluptueuses deviennent le canon de beauté, en attestent les peintures italiennes de l'époque.

L’histoire du soutien-gorge durant les Temps Modernes

Après la Renaissance, les tenues vestimentaires des femmes sont plus strictes. Le catholicisme impose un habit prude. On se souvient de la tirade de Tartuffe dans l’œuvre du même nom de Molière de 1664 : « Couvrez ce sein, que je ne saurais voir ! ». Plusieurs accessoires, qui ne portent pas encore le nom de dessous de lingerie, s'imposent. Après la gourgandine, cet habit de femme à la mode qui consistait en un corset ouvert par devant et laissant voir la chemise, s'imposent les premiers véritables corsets. Ils sont alors conçus en tissu renforcé de pièces en bois, puis de tiges de métal. C'est à cette période qu'apparaît le vertugadin, cet élément du costume féminin, d’origine espagnole, qui se présente sous la forme d'un bourrelet placé autour des hanches pour donner une ampleur à une robe. Ces harnachements inconfortables viendront s'alléger petit à petit jusqu’à l’apparition des baleines métalliques au XVIIe siècle.

mannequin avec une guêpière blanche d'aubade et adossée contre un muret en pierre

Le corselet-gorge serait-il à l’origine du soutien-gorge ?

Le 27 juin 1889, Herminie Cadolle, une ouvrière corsetière, présente lors de l'exposition universelle de Paris le premier soutien-gorge moderne sous le nom de « Bien-être ». Mais ce corset coupé en deux sous la poitrine présente des problèmes de maintien. En 1893, aux États-Unis, Marie Tucek dépose le brevet d'un dispositif nommé Breast supporter composé de deux bonnets et d'un système de bretelles maintenues à l'aide d'agrafes.

Corselet-gorge, maintien-gorge, busterette, callimaste, gorgerette... les termes varient. Le mot soutien-gorge entre enfin dans le dictionnaire en 1904. Trois ans plus tard, le magazine Vogue popularise aussi le mot « brassière ». En 1914, Mary Phelps Jacob lance le premier modèle de soutien-gorge fait de deux bonnets et enterre définitivement le corset.

Ensemble de lingerie bleu avec un soutien-gorge et slip

Le soutien-gorge ne cesse d’évoluer jusqu’à aujourd’hui

Le soutien-gorge développé au tournant des XIXe et XXe siècles a progressivement remplacé le corset sous la pression des idées féministes. Le courant hygiéniste dénonce aussi le harnachement étriqué du corset. Il faut attendre l’après-guerre pour que les femmes, qui avaient remplacé au champ et à l'usine les hommes partis au front, exigent des sous-vêtements souples. Dès le début des années 1950, le soutien-gorge n'est plus simplement utile, confortable et féminin. Il se veut ouvertement glamour et sexy. C'est la grande époque du soutien-gorge pointu qui va s’arrondir dans les sixties. Le vent de liberté qui souffle dans les années 1970 va mettre de côté ce dessous jugé oppressant.

Les féministes ne portent plus de soutien-gorge. Mais dès 1980, les soutiens-gorge s'affirment comme une pièce de lingerie alliant esthétique et bien-être. Soutien-gorge corbeille, balconnet ou emboîtant, avec armatures, triangle sans artifice ou push-up à décolleté plongeant, le soutien-gorge devient un sous-vêtement sensuel, séducteur, délicat et qui se décline pour tous les goûts. La mode du shapewear s'impose dans le monde de la lingerie fine. Le design et la taille du soutien-gorge s'adaptent à toutes les morphologies.

Zoom sur la dentelle et le laçage du soutien-gorge corbeille blanc d'aubade

Symbole de féminité et de séduction, le soutien-gorge répond aujourd’hui aux attentes de toutes les femmes. Du galbe sensuel d'un soutien-gorge bandeau à l'échancrure glamour d'un modèle pigeonnant en passant par le raffinement de la dentelle, du tulle ou de la soie, ces dessous restent des incontournables de la lingerie féminine.

Un commentaire sur “Plongez au cœur de l’histoire du textile en découvrant l’origine du soutien-gorge”

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